Le regard pensif, imprégné des lumières et des ombres de Casa-Voyageurs, je me tiens là, incarnant la quintessence de l'errance introspective. Mon sac sur l’épaule, la semelle encore tiède du sol lustré de la gare, chaque bruissement de pas est une note dans la symphonie de mon départ. Ce n'est pas une simple fuite, mais une oscillation délicate entre ce qui a été et ce qui sera, un soupir discret que je laisse, ne sachant jamais vraiment si je fuis ou si je cherche.
Ce n’est pas une fuite, c’est une traversée des mondes en transparence. Les villes inconnues défilent, les voix étrangères se muent en mélodies familières le temps d’un regard échangé. Les cafés de gare, refuges éphémères, distillent des instants intemporels, où l'amertume douce du passé se mêle à l'excitation de l'inconnu.
Chaque détour est une strate du présent qui se dépose, un glissement spatio-temporel où j’apprends à dialoguer avec l’imprévu. J'y écoute le silence qui se tapit derrière les enseignes lumineuses et j'y reconnais, dans la fatigue des kilomètres, un appel à ma propre renaissance.
Je marche. Et à chaque pas, l’oisiveté, cette ennemie insidieuse, recule. Elle se cache dans les replis du confort ancien, mais son emprise ne m'atteint plus. Je combats l’inertie à coups de curiosité inépuisable, je nourris mon esprit de rencontres éphémères et de paysages qui se dessinent en marge des sentiers battus.
Le voyage, alors, n’est pas ailleurs. Il est dans ma manière d’être là — partout et maintenant. Il est dans la résonance profonde entre ce que je quitte et l'être nouveau que je deviens, un écho subtil qui vibre à chaque pas sur le marbre froid de la gare, annonçant la promesse d'une échappée aux confins de moi-même.
Farid Mita
Casablanca, 05 juillet 2025
✨ Petite scène inattendue à Casa-Voyageurs…
Juste devant le kiosque Time Shop (qui, soit dit en passant, propose quelques-uns de mes ouvrages), j’ai croisé une jeune femme, plongée dans la lecture de la quatrième de couverture de mon recueil Désirs et Illusions.
Je l’ai abordée, par simple élan.
Sans que j’aie à me présenter, elle m’a reconnu à partir de la photo au dos du livre.
S’en est suivie une brève discussion, déclenchée par cette phrase qui l’avait visiblement touchée :
« Car si l’illusion vacille, le désir, lui, demeure — et peut-être, renaît autrement. »
Elle était ravie de tomber sur l’auteur. J’ai fait de mon mieux pour rester modeste (sans trop sortir les plumes du paon 😄).
J’ai ensuite appris qu’elle était doctorante en lettres françaises, à l’université d’Oujda.
Un échange bref mais lumineux, sous le samawi…
Dommage, je n’avais pas d’exemplaire sur moi. Je lui en aurais volontiers offert un.
---
..

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire